( Un nouveau jour se lève )
Les étoiles discutent ( éclats de rire )
Le ciel semble égaré. Un bonheur s’agite, il ne sait pas ce qu’il doit faire de ses doigts. Un air frais caresse les visages pâles du couchant.
La vertu s’abandonne à des promesses lamentables. Les coeurs légers font la roue.
Un Espoir tout Rouge frise ses cheveux.
Les rues sont mouillées parce que les coeurs ont plu toute la nuit.
Novembre, Janvier Juillet, les Moi passent. Les jours sont au rabais.
Il y a une lumière. Les autres lampes du coeur s’allument.
Les autres sanglots des silex me font rêver. Je n’étais qu’une enfant vomie par la Mer.
Pourtant je grandissais à l’ombre des Alizés.
J’ai fait de ma poitrine un tableau et, mon coeur a inventé ma naissance !
L’homme a parlé !
J’ai libéré les oiseaux. Ceux qui ont mangé dans ma main. Le reste s’est envolé comme un Sphinx
Pourtant je marchais.
Les fenêtres s’ouvrent sur le Monde. Les rires sur Thanatos. Les Montres sur la vie.
Mon ombre me faisait parler. Elle était encore verte. Mon coeur demain
tu marcheras !
J’ai l’oeil modeste, un mur qui me protège des autres murs.
Je suis un rêve !
O Laurette ! debout et courbé sur le Monde! Parce que le pavé est mouillé, mon personnage te parle.
Allons du côté de la joie où les hommes sont savants !
Un jour de jeudi, le soleil était une éponge parce qu’aucune sueur ne perlait à nos fronts.
La sérénité riait comme une église. Le carnaval balayait le monde.
Mon rire a scintillé comme une étoile et a giflé le monde.
O Laurette enfermons-nous dans notre folie et jetons la bouteille à la Mer
J’ai visé le Temps et l’ai atteint à la cheville !
Ma montre purge sa peine. Elle a trop décortiqué des voeux !
A nos souhaits ! Et buvons pour la liberté ! Celle qui n’existe pas !
Les personnages arrivent par milliers et réclament la parole !
L’auteur a tous les droits même ceux qui n’existent pas !
O Arbres parlez encore au fruit vert qui hésite à exister ! Comme un personnage il peut passer sur la scène habillé en Licorne !
Il faut éclairer la scène de tous les coups de fouet qu’on donne copieusement aux autres !
Que les lumières viennent de partout ! Qu’elles éclaboussent tout le Monde !
Du nord, du Sud, de l’est, de l’ouest !
Un fouet plus que fouet sur le dos éclairé du savant . Un autre fouet sur la science : Je comptabilise.
La science est un personnage. Et c’est l’ingénieur qui parle en rimant !
Eclairons la scène : dieu est à nous. Nous avons pris un chemin de traverse !
( il fait déjà nuit )
Laurette égarée sur mon coeur à moi ! Écoute ces clous qui te parlent !
Une, deux étoiles, trois étoiles ....
Il en manque une quatrième, je la cherche dans mon visage de sable
Je retrouve l’enfance recourbée comme une feuille verte
Et je ne l’ai pas reconnue !
Il y avait une feuille morte qui décortiquait le ciel
Et moi je l’ai comptée !
Comme ça les oiseaux et les ministres pourront danser
En chantant le chant du Nil
Je remets les compteurs à zéro !
Désormais il n’y aura plus de soleil ! Désormais il n’y aura plus de Pleine lune !
Désormais il y aura le ciel le ciel habillé en Baleine !
Et on verra sur la baleine un arc !
Désormais il y aura un député pour faire rire les coccinelles égarées.
Désormais, il y aura une lampe-tempête pour s’accoupler aux revenants
Il y aura le Couchant Grand comme un balai et il fera Beau
( Un nouveau soleil se lève )
Les corps noirs peuvent aller dormir.
Demain il y aura le ciel à baiser
Et les étoiles-de-Mer à décortiquer
Les hommes aiment à mourir à minuit
Sur le corps des femmes qu’ils ont razziées !
Dieu ! que l’amour est vénéneux O que toute prose est cinglante !